J’aimerais tant voir Syracuse…

Ma destination : l’île d’Ortygie, à Syracuse

Depuis près de dix ans, j’ai été par force un adepte des « longues marches par tronçons ». Deux ou trois fois par an, j’arrivais à grappiller ici une semaine, là dix jours d’escapade sur les chemins de France. Au fil des années, cela m’a amené à traverser l’Hexagone du nord au sud, puis d’est en ouest, puis à faire le tour de la Bretagne en suivant la côte.

C’était toujours trop peu, toujours trop court et j’attendais avec impatience le moment où je pourrais enfin faire un véritable long voyage à pied. Depuis le 1er janvier dernier, c’est chose faite. Grâce aussi à la compréhension de mon épouse, j’ai maintenant toute liberté pour faire une très longue randonnée en solitaire.

À Emmanuelle, qui m’a laissé marcher tout seul  »
(Antoine de Baecque)

La destination

Depuis Paris où je réside, je vais rejoindre Syracuse à pied. Pourquoi Syracuse ? Eh bien, pourquoi pas Syracuse ? J’ai décidé depuis longtemps qu’un matin je partirais de mon domicile parisien, mon sac sur le dos, avec pour objectif lointain une extrémité de l’Europe et, entre les deux, plusieurs mois de marche en solitaire.

Cet objectif aurait pu être Istanbul, ou le Cap Nord, ou Tarifa. J’ai envisagé assez longtemps d’aller à Athènes en passant soit par les Balkans soit par Rome, les Pouilles et l’Albanie mais finalement, mon goût pour l’Italie, les Italiens et la langue italienne m’a fait modifier la fin de ce trajet pour viser non plus la Grèce mais le sud de la Sicile, et la célèbre chanson de Bernard Dimey et Henri Salvador m’a suggéré le nom à poser sur le terme du voyage.

Ce qui compte de toute façon pour moi dans cette longue marche, ce n’est pas la destination qui lui sert de prétexte, c’est le trajet lui-même. C’est ce long entre-deux séparant ma vie professionnelle récemment achevée et un avenir dont j’espère qu’il m’aidera à préciser les contours.

Quant à moi, je voyage non pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le plaisir de voyager  »
(Robert-Louis Stevenson)

Le parcours

Le trajet envisagé représente environ 3.800 kilomètres que je compte parcourir en cinq à six mois, sans me presser et en m’accordant autant de journées de repos qu’il sera nécessaire, y compris sans doute quelques semaines de vacances italiennes en couple ou en famille.

Mon départ est prévu le lundi 4 mai 2020. Je devrais donc arriver à Syracuse en octobre. Selon les endroits, les opportunités, le temps qu’il fera et mon humeur du jour, je dormirai tantôt sous un toit, tantôt sous la tente.

Je suivrai approximativement la trace ci-dessous qui n’est toutefois qu’une ligne directrice, un canevas sur lequel je broderai ma route. Je n’ai pas l’intention de suivre au kilomètre près un parcours fixé à l’avance et me laisse toute liberté pour changer de chemin en cours de route lorsque l’idée m’en passera par la tête.

J’emporterai une balise GPS qui, outre son utilisation éventuelle en cas d’urgence, permettra à mes proches de savoir en permanence où je me trouve. Je reporterai aussi mes étapes sur cette autre carte, chaque soir si je le peux.

Depuis Paris, je mettrai le cap au sud-est, en direction de la Suisse. Le fait de marcher d’abord en plaine pendant les premières semaines devrait permettre à mon organisme de prendre ses marques et de remplacer quelques kilos de graisse par un peu de muscle avant d’attaquer les dénivelés du Jura puis des Alpes. La traversée de celles-ci culminera au Col du Grand-Saint-Bernard (Alt 2.469 m), qui marquera aussi le passage en Italie. J’aurai alors fait environ le quart de mon périple dont toute la suite se déroulera dans ce pays.

Après la descente du versant italien des Alpes vers Aoste puis la plaine du Pô, je rejoindrai la Alta Via dei Monti Liguri que je prolongerai jusqu’à Lucques et la Toscane. La traversée de celle-ci via Pise et Sienne m’amènera jusqu’au lac Trasimène, en Ombrie, puis à Pérouse et Assise. Je suivrai alors la Via di Francesco que je quitterai avant Rome pour me diriger à travers les Abruzzes vers le Vésuve et la côte amalfitaine.

On devrait être alors au mois d’août et il fera sans doute très chaud. Je m’efforcerai donc de rester en altitude en suivant le plus souvent le Sentiero Italia pour la longue traversée de la Calabre jusqu’à Reggio. Arrivé à la pointe de la botte, je serai bien obligé de déroger à la règle du « tout à pied » pour quelques heures de bateau jusqu’à Messine et la Sicile. Je me dirigerai alors vers l’Etna que j’espère pouvoir gravir jusqu’à l’un de ses cratères sommitaux (Alt 3.350 mètres environ). Je redescendrai ensuite jusqu’à la pointe sud du triangle sicilien avant de remonter brièvement vers le nord pour atteindre Ortigia.

Cartographie

Pour la préparation du parcours, je me suis servi des traces publiées sur plusieurs sites et particulièrement sur celui de Jean-Marc « Caminaïre » dont les comptes-rendus quotidiens publiés lors de sa traversée de l’Italie en 2016 m’ont beaucoup aidé. Pour les portions les plus isolées du parcours et surtout dans le sud de l’Italie, je me suis efforcé de repérer les fontaines et les points de ravitaillement sur les cartes Google Maps, OpenTopoMap et OpenCycleMap. Je me suis servi d’Openrunner pour créer des traces des différentes parties du parcours, ensuite scindées et regroupées avec MyGPSfiles. Leur réunion a abouti à la trace globale affichée ci-dessus.

Sur un tel trajet de plusieurs milliers de kilomètres, il serait impensable de vouloir emporter des cartes en papier dont le poids et l’encombrement nécessiteraient une remorque. J’utiliserai donc des cartes numériques, comme je le fais de toute façon depuis plusieurs années pour toutes mes randonnées. J’ai téléchargé sur mon smartphone ma trace prévisionnelle et les cartes de la totalité du parcours à diverses échelles (cartes IGN pour la France, cartes OpenTopoMap et parfois OpenCycleMap pour la Suisse et l’Italie), afin de les consulter hors ligne avec le logiciel iPhIGéNie.

Cela étant, j’ai découvert il y a quelques mois la cartographie vectorielle qui permet d’avoir sur son smartphone une masse considérable d’informations paramétrables, y compris les cartes OpenStreetMap avec les courbes de niveau et les points d’intérêt, en un volume relativement réduit (autour de 2 gigaoctets pour la totalité de la France, de la Suisse et de l’Italie). Cela me donnera beaucoup plus de liberté pour modifier en cours de route mon parcours si je le souhaite. C’est donc vraisemblablement le logiciel de cartographie Oruxmaps (implémenté grâce au site OpenAndroMaps), qui gère parfaitement la cartographie vectorielle, que j’utiliserai principalement en Suisse et en Italie.

Les vues satellites sont parfois utiles pour repérer un passage en dehors des chemins ou un possible lieu de bivouac. J’utiliserai alors le logiciel ViewRanger, particulièrement efficace pour cela… à condition qu’il y ait du réseau.

Toutes mes données sont sauvegardées sur un cloud d’où je pourrais les restaurer en cas de malheur technologique toujours possible (panne ou casse du smartphone, mais aussi perte ou vol). Je pense donc être paré et pouvoir sans risque majeur me passer totalement de cartes en papier.

Journal

Comme beaucoup de marcheurs, je tiens un « journal de marche » manuscrit dans lequel je relate chaque soir les événements et mes réflexions de la journée. Ce sont deux ou trois pages rapidement écrites — et que mon écriture rend difficilement déchiffrables par quiconque d’autre que moi-même ! — sur lesquelles je m’appuie pour rédiger après coup les textes que je publie sur ce blog. J’ai essayé de tenir ce journal sur mon smartphone mais je n’y arrive pas. Je suis incapable de résumer ma journée ou de décrire mes sensations ainsi, sans parler du désagrément et du temps nécessaire pour écrire un texte lettre après lettre sur un petit clavier.

Il ne faudra donc pas attendre de ma part beaucoup d’articles de blog « live » au cours de cette longue marche. J’ai en revanche créé une page Facebook qui me servira à donner régulièrement des nouvelles et à publier des photos.

Le matériel et le bonhomme

Au cours des dernières années, j’ai progressivement diminué le poids du contenu de mon sac à dos pour atteindre actuellement environ 5 kg, eau et nourriture non compris. Pour arriver à une liste de matériel aussi épurée, j’ai beaucoup appris de la fréquentation régulière du forum randonner-léger.

L’allègement s’est fait en douceur, sans contraintes et sans sacrifier ni la sécurité, ni le confort. Au contraire même : il est bien plus confortable de marcher en oubliant quasiment que l’on porte un sac sur le dos, et plus facile de franchir ainsi les passages difficiles, voire de se sortir de situations périlleuses.

Je ne serai toutefois pas aussi léger lors de cette marche au long cours que pour mes randonnées d’une ou deux semaines, et le poids de mon sac tournera plutôt autour de 6 kg. Lorsque l’on part pour plusieurs mois, il est en effet indispensable que le matériel emporté soit solide et éventuellement réparable, ce qui ajoute forcément un peu de poids. Il faut aussi emporter certains items dont on aurait pu plus facilement se passer sur une courte période, prévoir tous les types de temps en différentes saisons, un peu plus de consommables, etc.

Il m’a donc fallu arriver à des compromis avec moi-même pour arbitrer entre les craintes antagonistes d’inconfort lié au manque d’un objet et d’inconfort lié au poids porté. Je crois y être assez bien arrivé, et pense que tout devrait aller bien si le physique suit.

La seule véritable incertitude que j’ai avant le départ concerne en effet mon état physique. J’ai la chance d’être en bonne santé et je marche régulièrement depuis de nombreuses années mais j’ai 65 ans… Les montées deviennent chaque année plus raides et la fatigue arrive plus tôt.

J’ai acquis une bonne expérience du bivouac et des randonnées d’une à deux semaines. Toutefois, je sais sans l’avoir encore expérimenté que cela n’a rien à voir avec l’épreuve physique que représentera un voyage à pied de plusieurs mois. On verra bien.

Je pars bientôt. Je marcherai seul, à mon rythme, sans personne pour me mettre la pression en dehors de moi-même. J’ai hâte.

Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j’ose ainsi dire, que dans les voyages que j’ai faits seul, et à pied  »
(Jean-Jacques Rousseau)

Vers Compostelle (Antoine Bertrandy)

Le Camino francés

Le pèlerinage vers Compostelle est devenu une sorte d’institution, une longue marche très organisée et très fréquentée. Chaque année, c’est plus de 150.000 personnes qui en parcourent les derniers tronçons. Il est donc difficile d’être moins seul sur un chemin de randonnée qu’en suivant « El Camino de Santiago » mais même le marcheur solitaire que je suis est forcément intéressé par l’aventure que représente un voyage à pied de plusieurs centaines de kilomètres.

Au fil des années, cela m’a amené à lire bon nombre de livres consacrés au « Camino ». Leur intérêt est inégal, leur qualité littéraire également. Pour ne citer que deux livres très honorables, ni la (fausse ?) naïveté d’Alix Saint-André (En avant, Route !)) ni le regard détaché et presque entomologique de Jean-Christophe Rufin (Immortelle randonnée) ne m’ont réconcilié avec un Chemin que je n’ai toujours aucune envie d’emprunter.

Cela explique sans doute que le livre d’Antoine Bertrandy ait attendu près de deux ans avant que je me décide à l’ouvrir. Eh bien, parmi tous les livres consacrés au Chemin de Compostelle que j’ai lus, c’est assurément celui que j’ai le plus aimé, en particulier parce qu’il m’a été facile de m’identifier avec l’auteur.

Je suis bien en peine de définir un autre but que celui-ci : le sens de ma marche est d’aller de l’avant. »

Antoine Bertrandy n’est pas un aventurier. En fait, lorsqu’il décide de partir, ce n’est même pas un randonneur. C’est un homme de 35 ans qui, à un moment difficile de sa vie, « négocie » avec son épouse un départ solitaire pour un mois de marche sur le Camino francés, entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Saint-Jacques-de-Compostelle.

Les vingt-six étapes du pèlerinage sont racontées séparément dans des chapitres successifs mais il ne s’agit pourtant pas exactement d’un journal de bord. C’est un récit tonique dont le sous-titre « Drôles de rencontres » annonce la couleur : ce sont les rencontres que l’auteur a faites au cours de son périple qui en forment le cœur. Elles expliquent même en partie son évolution personnelle au fil des étapes.

Les descriptions des personnes rencontrées sont faites d’une manière souvent drôle mais presque toujours positive et empathique. L’auteur n’est pas détaché, il est totalement intégré dans le voyage, pèlerin parmi les autres pèlerins, et il ne juge pas. Il n’y a ni moquerie excessive, ni condescendance. Son ironie ne s’exerce jamais aussi fort envers autrui qu’à l’encontre de lui-même, par exemple lorsqu’il raconte sa préparation à la marche à venir par des randonnées dans Paris avec sur le dos un sac rempli de livres de Max Gallo, ou quand il décrit sa fuite devant les avances sans ambiguïté d’une randonneuse obèse en mal de tendresse.

L’humour, toutefois, n’est qu’un contrepoint aux réflexions personnelles et à l’émotion ressentie en bien des moments, par exemple lorsqu’il décrit les relations – la fin de ses relations, plutôt – avec son frère, ou quand il tente d’expliquer ce que la marche vers Santiago lui apporte, en dehors de tout motif ou considération religieuse en ce qui le concerne.

À la fin du récit, lorsqu’il a retrouvé Bois-Colombes, son épouse et leur petite fille, il réalise que le plus dur de son chemin reste à venir : il va maintenant lui falloir réintégrer la vie quotidienne.

Peut-être que le pèlerinage véritable, ce n’est pas seulement d’aller à Compostelle, mais également d’en revenir. »

Vers Compostelle (Antoine Bertrandy)
« Marcher est une activité d’une banalité confondante mais, je le comprends désormais, le pèlerin, grâce à ses seules jambes, effleure, à chaque pas un peu plus, le germe d’une transcendance.

Tout enfant se hisse un jour sur ses deux pieds pour découvrir la richesse du monde, et choisir de marcher au long cours, c’est choisir de soulager son âme par la simplicité de l’action. C’est aussi choisir d’approuver le monde dans toute sa grandeur.

Sur mon chemin intérieur, aujourd’hui, marcher devient un absolu dans lequel l’esprit, le corps et le monde se répondent dans une harmonie parfaite. J’existe. J’existe pleinement et c’est bon. [...] Je suis debout et je marche. Je suis un homme… »

Antoine Bertrandy — Vers Compostelle – Drôles de rencontres (Transboréal, 2015)

De Théhillac à Redon

Tour de Bretagne [Étape n°77]

Voilà, c’est fini…

Je suis arrivé à Redon en début d’après-midi mais, grève de la SNCF oblige, le seul train restant pour Paris part à 19 heures. J’ai donc plusieurs heures devant moi pour finir de profiter de cette dernière journée. Après avoir visité la ville et passé un long moment à l’intérieur de l’Abbaye Saint-Sauveur, je me suis installé à la terrasse du petit café où j’écris ces lignes avec devant moi une bouteille de Breizh-Cola.

Il y a 4 ans presque jour pour jour, quelque part après le Mont-Saint-Michel, je buvais le premier Breizh-Cola de ce Tour de Bretagne. Entre les deux, il y a eu environ 1 827 kilomètres et 77 journées de marche. Beaucoup de belles journées, quelques-unes moins bonnes — et les plus récentes ne font pas partie des meilleures — plusieurs bivouacs splendides, quelques belles rencontres, de nombreux moments de solitude heureuse et de légèreté.

Je garde particulièrement en tête certains lieux, certaines sensations : le tour du Cap Fréhel, mon arrivée à Tréguier le jour de la Saint-Yves, les dénivelés de Saint-Jean-du-Doigt, le tour des trois Abers, mon bivouac à Crozon sur le sillon des Anglais, l’isolement de bout du monde du Cap Sizun, les neuf compères de Pont-Aven, le tour de Belle-île… Et de nombreux autres souvenirs gardés au frais dans mon carnet de route et parfois dans ce blog.

C’est déjà du passé. La vie continue. Je sirote mon soda en pensant à l’avenir et à mon futur long voyage à pied. Mais il est encore un peu trop tôt pour que j’en parle ici.

D’Arzal à Théhillac

Tour de Bretagne [Étape n°76]

En longeant la Vilaine
En longeant la Vilaine

J’ai commencé hier à remonter la Vilaine, marchant le plus souvent à quelque distance du fleuve, dans les bois ou entre des champs, jusqu’à Arzal où se trouve un barrage dont le but n’est pas de produire de l’électricité mais de servir de protection contre les grandes marées qui ont par le passé causé de grands dégâts jusqu’à Redon.

Les chemins par ici sont le plus souvent enfermés entre deux haies s’appuyant contre des clôtures électrifiées, ce qui est aussi efficace pour empêcher les vaches de sortir du champ où elles paissent que pour empêcher les randonneurs désireux de poser la tente d’y entrer. Je commençais donc, la nuit s’approchant, à me demander si je ne serais pas obligé de continuer à la frontale jusqu’à la Roche-Bernard quand un petit miracle s’est produit : en bord de sentier, un petit pré sans clôture… et sans vache !

Et ce matin, après une bonne nuit, quelle surprise ! Il faisait certes gris et moche, mais il ne pleuvait pas. J’ai rejoint, par les mêmes petits chemins creux, boueux et glissants, la Roche-Bernard où j’ai traversé le fleuve. Quelques kilomètres plus loin, vers Nivillac, j’ai même profité de quelques rayons de soleil pour déjeuner au bord de l’eau. Je suis reparti juste à temps pour profiter au maximum des plaisirs de la marche sous la pluie. Jusqu’au soir il a plu sans arrêt, le crachin n’étant interrompu que par les averses.

Malgré ce temps pourri, ce fut une journée agréable pendant laquelle j’ai marché à mon rythme au bord de l’eau, le plus souvent perdu dans mes pensées. Songeant à mon futur périple, j’étais finalement heureux de pouvoir vérifier l’efficacité de mon système de protection contre la pluie. La veste imper/respi et le pantalon de pluie m’ont bien protégé sans que je sois mouillé de transpiration et le parapluie est définitivement un accessoire très utile, à condition que le vent soit faible. Les poggies fabriquées à partir d’un vieux parapluie pour me protéger les mains sont vraiment utiles (en fait, je n’en ai utilisé qu’une seule puisque, sur le plat, je marche avec un seul bâton). Système testé et approuvé donc !

Pas de souci non plus avec mon sac à dos Hyberg en cuben qui demeure parfaitement étanche. Je pense néanmoins qu’il faudra que je le remplace pour mon voyage vers Syracuse par un sac un peu plus grand – et lui aussi étanche car c’est un avantage dont je voudrais plus me passer.

Pendant que je réfléchissais ainsi, mes jambes ont fonctionné toutes seules et elles n’ont pas chômé. En fin d’après-midi, il est devenu évident que mon étape de demain serait la dernière de ce Tour de Bretagne et que j’arriverais à Redon en milieu de journée. Ça sent la fin !

De Muzillac à Arzal

Tour de Bretagne [Étape n°75]

Fingers
Un peu de douceur dans ce monde de brutes…

Réveil en douceur ce matin dans la chambre de ce petit hôtel sans prétention où j’ai bien dîné et bien dormi. Je me sens requinqué et pas particulièrement pressé de me lever tandis que j’écoute la pluie plic-ploquer sur les ardoises du toit.

Allez, il est presque 9 heures, en route. Mais d’abord, quelques courses au Carrefour City de Muzillac. Un paquet de chips, deux tranches de rôti de porc, des amandes, de la semoule, un gros morceau de parmesan et des biscuits au chocolat blanc genre Fingers, histoire de marier plaisir et calories. La boulangerie est sur mon chemin, ce serait faire offense à la boulangère de passer sans lui acheter un pain aux raisins pour mon petit déjeuner et une petite miche pour plus tard.

Le tout est débarrassé de ses emballages (sauf les chips !) et reconditionné dans des ziplocs pour prendre moins de place et peser moins lourd. C’est impressionnant de voir le volume de tous les emballages (papier, plastique, carton…) que je dépose dans une poubelle avant de me remettre en chemin, bien alourdi quand même.

Il ne se passe pas dix minutes avant qu’il recommence à pleuvoir — mais à vraiment bien pleuvoir — tandis que je gagne Billiers, puis la pointe de Penn Lann où je vais quitter le bord de mer. C’est là, en effet, que se trouve l’embouchure de la Vilaine dont je vais désormais remonter le cours pour finir mon tour de Bretagne.

Pour fêter dignement cet adieu provisoire à ma compagne de tant d’étapes de marche, rien de mieux qu’un déjeuner d’huitres et de fruits de mer dans un restaurant quasi-désert avant de remettre veste et pantalon de pluie et de repartir sous les trombes d’eau. Une chose est sûre, je ne regrette pas d’avoir emporté un parapluie.

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