Du Palais à Borcastel

Tour de Bretagne [Étape n°65 - Belle-Île 1/3]

Le phare des Poulains au loin
Le phare des Poulains, au loin…

Réveil à sept heures, lever sans me presser, départ à huit heures et demie. J’ai prévu de faire ce tour de Belle-Île dans le sens anti-horaire. Il fait un temps superbe avec un soleil radieux. Un passage à la boulangerie me permet d’acheter un croissant et un pain aux raisins (je ne me refuse rien) et de discuter le bout de gras avec la boulangère. Elle est elle-même férue de randonnée, mais elle n’a pas encore eu l’opportunité de faire tout le tour de son île.

Pour bien commencer la journée, je me trompe immédiatement de chemin en suivant le port jusqu’à l’autre côté du débarcadère, ce qui m’oblige à revenir sur mes pas avant de pouvoir traverser la citadelle Vauban et de sortir de la ville. Première constatation : je ne suis pas en grande forme physique, et j’ai du mal dès que le chemin monte un peu. Il n’y a pourtant pas de longues côtes, mais ça monte et ça redescend sans arrêt, en « casse-pattes », et certaines pentes sont vraiment très… pentues. Bon. Aujourd’hui, cela va donc être « chi va piano… va molto piano ».

Une jolie petite plage
Vers 10h30 je fais une pause sur une petite plage au fond d’une crique. Au moment où je vais m’engager à nouveau sur le chemin raide et étroit qui repart de la plage, une jeune randonneuse arrive avec un reflex autour du cou. Je m’arrête et lui propose de passer devant car « elle ira sûrement plus vite que moi ». Elle accepte avec une légère hésitation, et je réalise après coup qu’elle avait peut-être dans l’idée de s’arrêter un peu pour prendre des photos de cette jolie crique.

Un peu plus tard, je la rejoins alors qu’elle est assise au bord du chemin en grignotant un morceau. Je m’excuse de lui avoir mis la pression un peu plus tôt, on discute et on repart ensemble pour un bout de chemin.

Juliette fait elle aussi le tour de Belle-Île, mais en quatre jours et dans le désordre car elle ne bivouaque pas et n’a trouvé d’endroits où se loger qu’au Palais et à Bangor. Elle a marché hier du Palais à Locmaria d’où elle est retournée en stop à son hôtel du Palais, elle compte aller aujourd’hui jusqu’au phare des Poulains et retourner ensuite au Palais, également en stop, et c’est toujours en stop qu’elle compte aller demain à Locmaria pour en repartir en direction de Bangor.

Quand je lui dis que je vais bivouaquer, elle s’étonne de la petite taille de mon sac et me pose des tas de questions. Je lui parle de la randonnée légère, de ce blog et du forum randonner léger où elle me dit qu’elle ira jeter un œil, et je déballe mon sac sur le bord du chemin pour lui montrer mon matériel. On se quitte au bord de la ria de Sauzon où je m’arrête à mon tour pour déjeuner et faire une petite sieste.

Une fois de l’autre côté de la ria, je profite que les toilettes du port de Sauzon soient ouvertes pour y remplir mes bouteilles avant de me diriger vers la pointe des Poulains. J’ai bien fait d’être prudent car les toilettes de l’Espace Sarah Bernhardt sont fermées, comme est fermé le musée construit dans ce qui fut auparavant un fort, puis la maison de l’actrice.

À partir de la Pointe des Poulains, on passe du côté de l’île exposé au large et en quelques centaines de mètres la mer change du tout au tout. Calme jusque-là, elle devient très agitée alors même qu’il n’y a pas un poil de vent. Le sol, en revanche, est nettement plus plat et régulier. C’est de la lande avec juste quelques « casse-pattes » de 20 ou 30 mètres pour ne pas perdre la main – enfin, les jambes – mais sans plus.

Un endroit parfait pour planter sa tente
Un endroit parfait pour planter sa tente
À Ster Vraz, le spot de bivouac où mes collègues de RL ont passé la nuit ne me plaît pas. Je comprends qu’ils l’aient choisi car il peut accueillir une petite troupe, mais cet espace dégagé à proximité immédiate de la mer me paraît trop exposé au vent et à l’humidité.

Je continue mon chemin et m’enfonce dans les terres d’environ deux cents mètres, ce qui est suffisant pour trouver un excellent site de bivouac dans une toute petite zone plantée d’un vingtaine de pins dont les aiguilles recouvrent le sol d’un tapis moelleux. J’espère que l’endroit permettra d’éviter les ennuis décrits par mes récents prédécesseurs qui se sont retrouvés trempés au matin. Je saurai cela demain.

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